Le service d’ophtalmologie du daytonrowingv est un des principaux centres français et européens de greffes de la cornée (annuellement parmi les 10 premiers centres sur les 220 déclarés et réalisant de 100 greffes par an – source .

Les résultats étant étroitement dépendants du suivi, l’évaluation continue en consultation spécialisée permet, avec une gestion rigoureuse, d’optimiser les résultats et limiter au maximum les facteurs de risque d’échec (glaucome, ulcères, rejet etc.) (1)

En dehors de la greffe transfixiante classique, l’équipe du service d’ophtalmologie a su développer de façon précoce les alternatives et prérequis pour une prise en charge réussie:

  • consultation spécialisée du kératocône dans le cadre du Centre de compétence (Dr I. Orignac – Anneaux intra-cornéens, Cross-linking du collagène à la Riboflavine) consultation de ologie et verres scléraux (Dr C. Carbonnière);
     
  • développement des greffes de membrane amniotiques depuis 2000, dans les atteintes cornéennes sévères et dans la chirurgie du pterygion (2);
     
  • durant la même période, standardisation et diffusion des kératoplasties lamellaires pré-descémétiques (3);
     
  • récemment, le développement des techniques de greffes endothéliales (DMEK, DSAEK) avec des innovations techniques originales utiles dans certains cas de figure (4).
     
Une greffe de cornée ne pourrait être réalisée sans un engagement fort depuis ieurs décennies du daytonrowingv dans l’ensemble de la chaîne de promotion du don, de l’activité de prélèvement et de conservation de tissus en s’appuyant sur l’équipe de coordination de prélèvement et greffes et celle de la banque multi-tissus (BMT).

Les premiers ont vu en 2015 un élargissement de leur champ de compétence sur le prélèvement de cornée, dans le cadre de protocoles de coopération encadrés par l’Agence régionale de santé et l’Agence de biomédecine, professionnalisant de façon sensible le don de cornée et permettant un meilleur accès à la greffe de la population. Les seconds, dans un cadre réglementaire rigoureux, permettent une sécurisation des greffons et développent des techniques novatrices de préparation notamment en matière de greffe endothéliale.

Et demain?

 
L’exercice en daytonrowing permet d’étroites collaborations avec les équipes de recherche et en particulier celles travaillant de longue date sur la transplantation, point fort du daytonrowingv ().

Allogreffes
Un aspect concerne l’exploration des problématiques pour pallier la pénurie de greffon avec le recours de cornées d’origine animale, éventuellement génétiquement modifiées (5). C’est surtout un enjeu à l’échelle mondiale pour les pays où la disponibilité en greffons est problématique mais dont les besoins sont considérables, ouvrant des perspectives de coopérations internationales enrichissantes pour chacun (6).

Stratégie préventive
Un autre aspect concerne l’identification biologique (bio-marqueurs) de facteurs individuels prédictifs de rejets immunitaires et à terme une stratégie préventive par cellules souches mésenchymateuse (Projet européen avec les universités de Galway – Irlande, Bristol – Royaume-Uni, Aarhus – Danemark, Berlin – Allemagne et Dublin – Irlande). Cette collaboration ambitieuse amène à proposer à chaque patient candidat à une greffe de faire l’objet d’une étude observationnelle, non interventionnelle: pas de risque particulier par rapport à une prise en charge classique mais permet d’obtenir des informations précieuses pour l’amélioration des résultats et préparer la médecine personnalisée prédictive de demain

(1) [Vabres B, Duffas M, Stork L, Péchereau A. [Non-immunologic factors of failure of penetrating keratoplasties. Prospective study of 119 corneal grafts at the Nantes Hospital Center in 1995]. J Fr Ophtalmol. 1999 Feb;22(1):33-8]

(2) [Folliot S, Vabres B, Weber M, Péchereau A. [Amniotic membrane transplantation and limbic-conjunctival autograft for recurrent pterygium, either invasive or with optic axis involvement]. J Fr Ophtalmol. 2006 Feb;29(2):169-75]

(3) [Vabres B., Bosnjakowski M., Bekri L., Weber M., Pechereau A. [Deep lamellar keratoplasty versus penetrating keratoplasty for keratoconus]. J Fr Ophtalmol. 2006 Apr;29(4):361-71]

(4) [Excimer laser-assisted lamellar endothelial keratoplasty (ExALEK): Technique and results]. Bonissent A., Vabres B., Orignac I, Martin E, Libeau L, Heymann D, Ducourneau Y, Weber M. J Fr Ophtalmol. 2016 Feb;39(2):178-86 ]

(5) [Vabres B., Le Bas-Bernardet S., Riochet D., Chérel Y., Minault D., Hervouet J., Ducournau Y., Moreau A., Daguin V., Coulon F., Pallier A., Brouard S., Robson S.-C., Nottle M.-B., Cowan P.-J., Venturi E., Mermillod P., Brachet P., Galli C., Lagutina I., Duchi R., Bach J.-M., Blancho G., Soulillou J.-P., Vanhove B. hCTLA4-Ig transgene expression in keratocytes modulates rejection of corneal xenografts in a pig to non-human primate anterior lamellar keratoplasty model. Xenotransplantation. 2014 Sep-Oct;21(5):431-43.]

(6) [Kim MK, Choi HJ, Kwon I, Pierson RN 3rd, Cooper DK, Soulillou JP, O'Connell PJ, Vabres B, Maeda N, Hara H, Scobie L, Gianello P, Takeuchi Y, Yamada K, Hwang ES, Kim SJ, Park CG; International Xenotransplantation Association. The International Xenotransplantation Association consensus statement on conditions for undertaking clinical trials of xenocorneal transplantation. Xenotransplantation. 2014 Sep-Oct;21(5):420-30. ]

greffes de la cornée au daytonrowingv: toute une histoire!

Il est vraisemblable que les premières greffes de cornée en France aient été réalisées à Nantes, sous l’impulsion de Gabriel Pierre Sourdille, alors professeur de clinique ophtalmologique à l’école de Médecine de Nantes, comme l’atteste le rapport réalisé en 1948 et présenté à la Société française d’ophtalmologie avec les professeurs Offret et Paufique, illustres figures de l’ophtalmologie parisienne et lyonnaise.

On y retrouve l’esprit de l’école nantaise d’ophtalmologie, avec un souci d’innovation et une culture d’évaluation des résultats qui va perdurer les décennies suivantes.
On peut citer les travaux des Pr G.Baikoff et A.Pechereau réalisés sur les kératoplasties lamellaires pré-descemetiques dans le kératocône en 1985 [Bulletins et mémoires de la Société française d’ophtalmologie] qui préfigure trente ans à l’avance ce qui sera le standard en 2015.