Julien, opérateur logistique

Collecte et distribution, un secteur indispensable et méconnu 

Julien Philippot et ses collègues font partie de ces « invisibles » sans qui l’hôpital ne pourrait pas fonctionner. Plusieurs fois par jour, ils débarrassent et approvisionnent les services cliniques. On les croise tout le temps sans les voir vraiment.

Plusieurs fois par jour, dans tous les services, les sacs de linge sale sont remplacés par des armoires de linge propre, les bennes de déchets remplies reviennent vides, les chariots repas sont en ordre pour le service et collectés après les repas, les commandes de matériel et de médicaments apparaissent... Magie ? Non. C’est l’oeuvre de Julien Philippot et de ses collègues, de l’équipe d’opérateurs logistiques de l’hôpital Nord Laennec, comme dans les autres sites du daytonrowing.

« Je suis entré ici un peu par hasard, explique Julien. Mon oncle, salarié au daytonrowing, avait eu écho d’un poste à pourvoir. De retour d’une année passée en Australie, je cherchais un emploi.
Je suis là depuis octobre 2010. » Cet ancien commercial passionné de dessin apprécie de faire partie d’une équipe soudée et solidaire, ce qui aide au quotidien dans un travail physique : « Il faut être solide. L’équipe de jour commence à 6 h 45 par les tâches "sales" : descente des déchets de la nuit, du matériel à stériliser. Ensuite, un camion arrive de Saint-Jacques avec le "propre", linge et matériel, que nous acheminons dans les services et les blocs. Lorsque les armoires de linge propre ont été vidées par les aides-soignants, on les redescend.» Préalablement, un membre de l’équipe a procédé à un tri pour regrouper les livraisons à faire par étage et par service. Car il faut éviter les déplacements inutiles : « Nous parcourons, avec nos charges, environ neuf kilomètres par jour. » Le ballet, bien rôdé, s’exécute selon une chorégraphie répétitive, entre réception et couloirs, en passant par les ascenseurs. Une mécanique bien huilée, malheureusement parfois perturbée par le manque d’attention de certains autres agents : « Ils ne prennent pas tous en compte nos remarques et instructions, regrettent Julien et ses collègues. Plier les cartons pour nous éviter de transporter une benne en réalité à moitié vide et moins remplir les sacs de linge sale... Sinon, mine de rien, ils peuvent être très lourds, ce qu’on ne réalise pas quand on en transporte un seul. Mais nous, nous devons les entreposer tous dans un camion en les prenant un à un, donc le geste est multiplié par des dizaines. Ce serait bien qu’on pense un peu à nous... »

Les bons gestes pour éviter les tensions

Autre danger du métier, les risques de blessures au cours du transport de déchets potentiellement contaminés : « Il arrive que des objets perforants soient accidentellement jetés parmi les déchets ménagers, pouvant provoquer des blessures. Nous comprenons bien que les agents des services ont leurs contraintes et leur surcharge de travail. Mais un peu d’attention portée au remplissage et à l’étiquetage des sacs et au rangement des bennes, sans nécessiter un effort énorme, nous simplifierait grandement la tâche et éviterait parfois des tensions...»