Publié le 18 juin 2008 Mis à jour le 22 juillet 2011

Informations médicales avant la réalisation d'une laryngectomie partielle.

Les laryngectomies partielles sont des interventions qui réalisent l'ablation de tumeurs de taille modérée, n'envahissant qu'une partie du larynx. Le larynx restant sera préservé, voire reconstruit, pour conserver les fonctions de respiration, déglutition et phonation, qui lui sont habituelles. Afin que vous soyez clairement informé du déroulement de cette intervention, nous vous demandons de lire attentivement ce document d'information. Votre chirurgien est à votre disposition pour répondre à toutes vos questions. N'oubliez pas de dire à votre chirurgien les traitements que vous prenez régulièrement, et en particulier Aspirine, anticoagulants... N'oubliez pas de signaler si vous avez déjà présenté des manifestations allergiques, en particulier médicamenteuse. Enfin n'oubliez pas d'apporter, lors de l'hospitalisation, les documents médicaux en votre possession : prises de sang, examens radiologiques notamment.

But de l'intervention

Le but de la laryngectomie partielle est d'effectuer de façon complète l'ablation d'une tumeur, tout en conservant suffisamment de larynx pour pouvoir à nouveau parler, respirer, manger par les voies naturelles, une fois la cicatrisation obtenue. Dans certains cas, malgré un bilan préalable très complet (endoscopie, bilans radiologiques), cet objectif s'avère irréalisable en cours d'intervention : l'extension de la tumeur, constatée pendant l'intervention, peut imposer une laryngectomie totale.

Réalisation de l'intervention

L'intervention s'effectue sous anesthésie générale. Il est de la compétence du médecin-anesthésiste-réanimateur, que vous verrez en consultation au préalable, de répondre à vos questions relatives à sa spécialité. L'incision cutanée se situe au niveau du cou ; le siège précis et la longueur de l'incision sont fonction du type de l'intervention, et d'un éventuel geste ganglionnaire (curage) associé. La nature et le siège précis de la tumeur conditionnent l'importance de l'exérèse laryngée et la conservation ou non d'une ou des deux cordes vocales. Une trachéotomie sera réalisée dans la plupart des cas. Il s'agit de l'ouverture de la trachée à la peau, sous le larynx, à la base du cou. Elle est réalisée par sécurité. La canule de trachéotomie, mise en place à la fin de l'intervention, sera supprimée au bout de quelques jours, et l'orifice se refermera spontanément. Une sonde d'alimentation est, en règle, mise en place par le nez et descend jusqu'à l'estomac. Elle sera maintenue jusqu'à reprise de l'alimentation par la bouche. Un système de drainage aspiratif peut être nécessaire, en particulier lorsqu'une exérèse ganglionnaire est réalisée ; ces drains seront retirés au bout de quelques jours. La durée de l'hospitalisation et les soins post-opératoires vous seront précisés par votre chirurgien.

Risques immédiats

Un hématome cervical peut survenir dans les suites opératoires ; il peut nécessiter une reprise opératoire pour drainage. Il peut être responsable d'une infection locale.

Risques secondaires

Les troubles de la déglutition peuvent être prolongés. Ils nécessitent alors le maintien de la sonde alimentaire, voire le recours à une gastrostomie (sonde placée par une petite incision au niveau de l'abdomen, directement dans l'estomac). Une infection broncho-pulmonaire, favorisée par les fausses routes, est d'autant à craindre chez les opérés fragiles ou aux antécédents de bronchite chronique. Un retard de décanulation peut être observé ; il peut conduire à une trachéotomie définitive en cas de gêne respiratoire importante et persistante. Le recours à une canule parlante peut être envisagé dans certains cas. Enfin, signalons des modifications de la voix, dont l'importance est variable en fonction de l'exérèse chirurgicale. Cette intervention ne met pas à l'abri d'un risque de récidive ultérieure de la tumeur.

Complications graves et/ou exceptionnelles

Tout acte médical, investigation, exploration, intervention sur le corps humain, même conduit dans des conditions de compétence et de sécurité conformes aux données actuelles de la science et de la réglementation en vigueur, recèle un risque de complication. Les complications graves sont dominées par une asphyxie, liée :

  • soit à une obstruction de la canule de trachéotomie : dans ce cas, le tableau d'asphyxie peut être rapidement levé, en retirant et en changeant la canule qui est obstruée par des sécrétions bronchiques épaisses;
  • soit à une inondation trachéo-bronchique de liquide de régurgitations provenant de l'estomac, source d'infection broncho-pulmonaire sévère nécessitant des soins de réanimation appropriés.