Publié le 17 mars 2015 Mis à jour le 1 avril 2015
Certaines suggestions peuvent bien sûr être élargies aux lecteurs en difficulté.

La dyslexie se définit comme un trouble sévère et durable de l’acquisition du langage écrit chez un enfant normalement intelligent, indemne de trouble sensoriel, neurologique acquis ou psychiatrique.

Certaines manifestations sont particulièrement fréquentes chez les enfants dyslexiques : la mauvaise discrimination phonologique, une lenteur exagérée et un défaut d’automatisation du déchiffrement, des inversions, des omissions, un accès partiel au sens. La dysorthographie concerne le versant transcription et on y retrouve le même type de difficultés, ainsi qu’une orthographe d’usage très instable et un accès tardif et « hasardeux » aux applications des règles.

Il faut rappeler que beaucoup d'enfants dyslexiques ont des difficultés en langage oral, qu'il s'agisse d'élaborer le discours, de structurer la phrase, de trouver le mot adapté, de produire un mot non déformé, de mémoriser la phrase entendue avec exactitude ...

L’enfant dyslexique-dysorthographique ne peut pas mobiliser en même temps ses efforts sur les différentes composantes du langage écrit : les sons, l'orthographe d'usage, les accords grammaticaux, la construction de la phrase et du discours, la récupération des données de la leçon même bien apprise, la qualité du graphisme... Il doit en laisser quelques-unes de côté, à tour de rôle, et vous pouvez l'aider à cibler les efforts que vous attendez de lui sur un exercice donné. Aidez-le à canaliser son attention.
  • Il est nécessaire qu’il se détende et récupère pendant la récréation, sans rattraper le travail non fini, pour être à nouveau disponible pour les apprentissages qui suivront;
  • il faut favoriser l'expression orale, lors des évaluations en particulier, les connaissances de l'enfant étant nettement supérieures à ce qu'il peut exprimer par écrit, et l'aider à développer son argumentation orale. Attention toutefois, on ne peut pas s'appuyer sur cette expression orale chez tous les enfants, en particulier chez ceux qui maîtrisent avec difficultés le langage oral. La situation d'évaluation génère stress et angoisse qui pourraient lui faire perdre ses moyens. Les évaluations peuvent être adaptées pour lui permettre une progression individuelle positive mais il est nécessaire, à des moments opportuns, de signifier aux parents l'écart par rapport à la norme;
  • privilégier tous les canaux autres que l'écrit pour l'accès à la culture et aux apprentissages, l'écrit ne donne qu'un accès très partiel (comme lorsque nous lisons une langue étrangère que nous ne possédons pas bien), solliciter l'accès visuel (images, tableaux, couleurs, informatique...) et auditif (récits et explications orales) ; lui permettre de lire à mi-voix. La possibilité de garder des données et énoncés sous les yeux lui permet de soulager sa mémoire.
Peu à peu, l'écart risque de se creuser avec les autres élèves qui découvrent ou stabilisent des notions en les lisant, sur des documents scolaires ou de loisir.
  • Être vigilant aux supports proposés (tableau, livres, photocopies...), d'une manière générale, il faut qu'ils soient clairs et de bonne qualité, éviter une police inférieure à 12 et des typographies difficiles à lire, espacer (interlignes larges, espaces entre les mots). Lui donner, quand cela est possible, des photocopies de textes imprimés et non des textes manuscrits. Faire ressortir l’essentiel (surligner, couleurs …), et utiliser par exemple des codes-couleurs stables et identiques dans les différentes matières. Lui accorder le droit de surligner lui-même;
  • réfléchir, avec l’élève à la place qui est lui est la favorable dans la classe pour qu'il puisse bien vous voir, bien voir le tableau, bien vous entendre tout en limitant les sources de distractions possibles. Certains enfants auront besoin d’être aidés dans l’organisation de leur bureau, cartable, cahier de texte;
  • mettre en place un élève « tuteur » en fonction des besoins de l’élève ayant des besoins particuliers. Il est possible que ce second refuse afin de ne pas être marginalisé.

Nous demandons aux parents de continuer à lui lire des romans, des documentaires, des bandes dessinées... pendant longtemps, pour développer l'intérêt pour la lecture, l'imagination, la réflexion.

De la même manière, lui lire, faire lire par un tiers ou enregistrer des romans que vous voulez faire travailler à la classe. L’enfant de son côté exerce sa technique de lecture sur des textes simples que ceux correspondant aux enfants bons lecteurs de son âge.

Ces élèves se repèrent souvent mieux en suivant le texte du doigt, en mettant une feuille blanche sous la ligne à lire ou bien en utilisant une fenêtre de lecture. Du fait de sa lenteur et de ses erreurs en lecture, l’enfant a besoin de de temps pour comprendre les énoncés et répondre par écrit. Le cas échéant, on pourra envisager et préparer un tiers-temps supplémentaire pour la passation des examens comme le brevet des collèges.

D'ici là, l'octroi d'un temps supplémentaire n'est pas toujours compatible avec le rythme d'une classe; on peut réfléchir à différentes possibilités telles que diminuer les contrôles, vérifier la compréhension des consignes, lire à voix haute les énoncés et les problèmes (ou même enregistrer certains passages à lire), aller vers l’enfant pour s’assurer de sa compréhension, renforcer la consigne par un exemple visuel, utiliser la dictée à l’adulte, faire des évaluations partiellement orales ...

Si l’élève n'a pas le temps de tout corriger, insister sur la qualité du peu qu'il corrigera, ou proposer des relectures successives ciblées, en prenant en compte son incapacité réelle à trouver (seul) ses fautes sans indiçage par un adulte.

Éviter de le faire lire à haute voix en classe sauf s'il en manifeste le désir, ainsi qu'écrire au tableau devant tous.