pourquoi me propose-t-on une ablation par radiofréquence ?

Publié le 3 juillet 2008 Mis à jour le 22 avril 2015

Cette technique introduite en cardiologie depuis la fin des années 1980 consiste à utiliser les effets des courants de radiofréquence pour supprimer certaines tachycardies (accélérations du rythme cardiaque). Dans les indications habituelles, elle est efficace dans la majorité des cas.

Les courants de radiofréquence sont transmis vers l’intérieur des cavités cardiaques par l’intermédiaire d’un cathéter (câble électrique recouvert d’une gaine en plastique) et provoquent à son extrémité une brûlure de très petite taille ( 0,5 cm2) dans une zone préalablement repérée comme étant déterminante dans le déclenchement de votre trouble du rythme. Certaines tachycardies peuvent être traitées par un nombre restreint d’applications de courant, d’autres comme le flutter auriculaire, nécessitent ieurs applications de courant. Outre le cathéter destiné à transmettre le courant de radiofréquence, d’autres cathéters sont généralement utilisés afin de localiser très précisément la région cible.

Ces cathéters sont introduits sous anesthésie locale par ponction d’une artère ou d’une veine au niveau de l’aine et (ou) du cou. Ils sont placés à l’intérieur des cavités cardiaques sous contrôle télévisé.

Réalisation d'une ablation par radiofréquence :

Durant cette intervention :

  • Il est nécessaire d’être à jeun, allongé sur une table de radiologie située dans une salle spécialement équipée.
  • Il n’est pas pratiqué d’anesthésie générale mais une simple anesthésie locale au niveau des points de ponction vasculaire associée parfois à un traitement sédatif, l'intervention pouvant se prolonger au-delà d'une heure.
  • Des épreuves de stimulation cardiaque sont souvent réalisées pour préciser le trouble du rythme et orienter le traitement.
  • L’examen est peu douloureux mais le passage du courant de radiofréquence est parfois accompagné d’une sensation de brûlure thoracique que l’on atténue alors en diminuant la puissance électrique.
  • Afin d’éviter un saignement local après la procédure, une compression est réalisée au niveau des points de ponction. S’il s’agit d’une artère, une compression appuyée, parfois douloureuse est nécessaire et un pansement compressif est laissé en place : il faut rester allongé, en évitant de plier la jambe pendant ieurs heures et sous surveillance électrocardiographique pendant 24 à 48 heures.


L'ablation par radiofréquence comporte-t-elle des risques ?

Parmi les complications recensées par les enquêtes réalisées auprès de nombreux centres français, européens et nord américains, la plupart sont bénignes :

  • hématomes au point de ponction,
  • douleurs thoraciques transitoires.

Mais certaines sont sévères et rares (1,5% dans l'expérience française) :

  • épanchements péricardiques (saignements dans l’enveloppe qui entoure le cœur) ou thoraciques qui doivent parfois être évacués en urgence,
  • blocs auriculo-ventriculaires nécessitant la mise en place d’un stimulateur cardiaque définitif, lorsque l’opération est pratiquée dans une région proche des voies qui conduisent normalement l’influx nerveux des oreillettes aux ventricules,
  • troubles du rythme cardiaque pouvant nécessiter une cardioversion électrique,
  • accidents thrombo-emboliques par formation de caillots sanguins qui peuvent migrer dans la circulation. Pour tenter de prévenir ces accidents, un traitement anticoagulant est généralement institué pendant toute la période opératoire,
  • lésions vasculaires pouvant nécessiter un traitement chirurgical local,
  • lésions d’une artère coronaire ou d’une valve cardiaque.

Le risque d'évolution grave entraînant le décès est minime (0,4/1000 dans le registre français).

Toutes les précautions sont prises avant, pendant et après l’intervention pour limiter au maximum ces risques.

Quels bénéfices peut-on attendre de l’ablation par radiofréquence ?

La suppression par radiofréquence des zones de conduction qui sont à l'origine des tachycardies permet de prévenir la récidive des troubles du rythme. Dans les indications habituelles, elle est efficace dans la majorité des cas. Elle entraîne la disparition complète ou la réduction significative des symptômes fonctionnels et des complications. Elle permet de réduire voire de supprimer les traitements médicamenteux qui pouvaient être mal tolérés ou insuffisamment efficaces.